mercredi 12 août 2009

C2. L`UNIVERSITE de NALANDA (12.08.2009).




L'UNIVERSITE de NALANDA


Le stupa de Sariputta est la ruine la plus représentative de l'université de Nalanda, qui compte de nombreux monastères et temples. Au cœur de l'empire de Magadhan, terre sainte du bouddhisme (Bihar), subsistent les ruines de Nalanda, cité monastique et métropole spirituelle du monde bouddhique.

La tradition rapporte que Bouddha et Mahavira ont fréquenté l'universit
é de Nalanda. Ashoka (empereur Maurya au IIIe s. av. J.C.) fait bâtir des monastères et des temples sur le domaine.
Nagarjuna (fin du IIe s.), le philosophe bouddhiste, est un étudiant et professeur célèbre de Nalanda.

Au milieu du Ve siècle après J.C., Kumaragupta Ier (roi gupta) fonde un monastère sous le nom de Mahavihara (de Maha : grand et vihara : monastère). L'université religieuse grandit rapidement.
Son prestige s'accroit sous le règne brillant d'Harsa de Kanauj (606-647).
Roi lettré, qui compose vers et pièces de théâtre, c'est le dernier roi bouddhiste de l'Inde du nord. À son apogée au VIIe s., Nalanda accueille 2 000 professeurs et 10 000 étudiants. De renommée internationale, elle attire des moines étudiants du Tibet, de Birmanie, d'Indonésie, de Corée et de Chine.

Le voyageur chinois Xuanzang y étudie et y enseigne plusieurs années au VIIe s.
Il en fait une description enthousiaste dans son compte-rendu de voyage. Avec une bibliothèque et un observatoire, l'université compte quatre mille étudiants quand il y séjourne.
On y accède par une série de tests très difficiles : deux tiers des candidats échouent...

Les textes du bouddhisme sont obligatoires.
Védas et Upanishad sont enseignés par des brahmanes.
On y étudie aussi la cosmologie, la philosophie, la logique et la grammaire.
Ainsi que la médecine, la chirurgie, les mathématiques et la physique.

Les cours sont gratuits, car l’université est financée par des revenus collectés dans les villages locaux (les villageois fournissent également la nourriture).
La fin des études se termine par la soutenance d'une thèse. Les rois Pala, qui gouvernent le Bihar et le Bengale (mi VIIIe s. - fin du XIe s.), embellissent Nalanda. L'université devient un foyer artistique, qui influence le monde bouddhiste au travers des styles que les étudiants étrangers rapportent chez eux après leur séjour d'étude.
De même, des souverains étrangers invitent des maîtres de Nalanda à venir enseigner dans leur pays.
Ainsi vers 750, un roi du Tibet appelle Padmasambhava, qui fonde le bouddhisme tantrique tibétain.
Nalanda sert aussi de modèle à d'autres universités - comme Vikramasila. Celles-ci participent à la propagation du bouddhisme.

Au IXe s., combattu par les nouvelles philosophies hindouistes, le bouddhisme décline en Inde.

Vers 1200, l'université est détruite par des turcs musulmans lors de leurs raids dans la vallée du Gange. Les moines se réfugient dans les montagnes en Assam, au Népal, au Cachemire et au Tibet. Une tentative de reconstruction échoue, car des brahmanes mettent le feu aux nouvelles structures. Le site est abandonné.
Au musée de Nalanda, un grand nombre de bronzes bouddhiques et hindous des périodes Gupta, post-Gupta et Pala, sont exposées.

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Je passe deux nuits au monastère bouddhiste chinois de Nalanda.
Je travaille tout le temps.
Pour me détendre, dans le grand jardin, je joue avec les innombrables chiens et chiots du monastère (sauf avec deux ou trois, stupides aboyeurs).
J'aime aussi converser longuement avec le prêtre et manager des lieux, en soirée ou après un repas. Nous parlons de l'Inde, des Indiens, de la misère, du manque d'éducation de beaucoup d'Indiens, des relations entre les habitants et le monastère, de la corruption assez générale parmi les hommes politiques au Bihar...
J'en viens à parler de plusieurs de mes voyages en Inde.
La dernière soirée, nous échangeons nos projets.
Il souhaite obtenir un congé pour écrire sur l'histoire indienne.
Nous nous interrogeons sur le sens de la vie, sur ce qui importe dans une vie d'homme.


Lionel Bonhouvrier.

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